Archipel Citoyen

Un plan de relance pour les arts et la culture à Toulouse

Dans un contexte national de recul des budgets de la Culture, d’étiolement des ambitions, d’absence de vision et de volonté politique réelle, de dégradation des statuts et des conditions d’exercice et de vie des artistes, auteur.es et intermittent.es et salarié.es du spectacle, le secteur de la culture toulousain (2e budget de la ville) a subi de plein fouet deux périodes de fragilisation consécutives.
Après six années de diminution de subventions (- 25% sur celles allouées aux associations) de suppressions de postes et de vente de lieux culturels emblématiques, la crise du covid-19 aura encore plus précarisé toute une profession : artistes intermittent·e·s, salarié.es non permanent·e·s ou indépendant·e·s ne bénéficiant, pour ces dernier·e·s, d’aucune aide substantielle.
Pour autant, cette crise aura révélé combien la culture n’est ni un luxe ni un simple divertissement mais bien ce qui fait lien entre les humain.es. La culture pour Archipel citoyen, sera un axe majeur de la ville de demain, un secteur particulièrement essentiel à réparer et soutenir.
Aussi nous prévoyons, dès notre arrivée aux responsabilités municipales, de mettre en application un plan de relance d’urgence de ce secteur, adossé aux préconisations de notre programme.

Ce plan de relance d’urgence aura pour objectif de :
• Réparer, régénérer, créer les conditions d’un nouveau souffle pour le secteur culturel et associatif de la ville.
• Inviter les artistes à “déconfiner” la ville et la vie, créer du commun par des actions dans l’espace public dès l’été et jusqu’en 2021.
Mailler les territoires de la ville, rechercher la proximité pour permettre l’accès de toutes et tous à la culture, particulièrement de celles et ceux qui en ont été le plus éloigné·e·s durant la crise.

Il devra permettre de travailler trois temporalités et niveaux d’action :
Répondre aux urgences économiques et sociales mais aussi écologiques du secteur des arts et de la culture
Maintenir l’activité culturelle et permettre aux artistes de travailler dans le temps en suspension, tant que des mesures sanitaires contraignantes seront présentes,
• Travailler le temps long, penser l’après en articulant le cadre général référent de notre programme : droits culturels, égalité F/H, écologie de la culture…

Sur la méthode : plus que jamais, la politique culturelle de la ville s’appuiera sur les structures culturelles et socio-culturelles, les associations de terrain, les habitant·e·s et sur les compétences et le savoir-faire des agent·e·s de la ville pour sa mise en œuvre. Permettre, insuffler, coordonner, mutualiser, accompagner en seront les principaux objectifs. Toutefois la programmation, l’organisation, l’initiative, la création, la diffusion seront laissées aux actrices et acteurs culturels et associatifs.
Les institutions publiques de la ville (Musées, Centres culturels et socio-culturels, bibliothèques et médiathèques, conservatoire, ISDAT…) seront des vecteurs clés dans la mise en œuvre du plan de relance notamment dans le déploiement des mesures de commande publique, d’enseignement artistique et celles destinées aux quartiers.
Nous encourageons les partenariats et la transversalité des filières, des disciplines, des champs, sans les imposer. Il n’y a de synergie efficace que dans la confiance et la coopération.
Enfin ce plan de relance pour la culture est un axe majeur du plan de relance économique de la ville.

Nous proposons plusieurs mesures d’urgence regroupées autour de 4 axes :
Investir l’espace public en accompagnant les coopérations entre artistes, opérateurs, commerçant·e·s et habitant·e·s,
Stimuler la commande publique pour déployer les arts dans la ville,
Accompagner les travailleuses et travailleurs du spectacle et les artistes en difficulté, notamment celles et ceux passant au travers des dispositifs d’aide,
• Mettre en place un fond d’aide qui sera mobilisable en fin d’exercice.

Afin de faciliter l’accès à ces aides d’urgence, nous étudions la mise en place d’un Guichet des initiatives artistiques et culturelles, un lieu temporaire à définir, qui se verra attribuer le pilotage de plusieurs missions :

Actions dans l’espace public :

  • Le déploiement d’une de nos préconisations phare : « poétiser la ville », en récupérant les panneaux d’affichage municipaux et ceux sous contrats publicitaires qui pourront l’être, pour exposer des artistes visuels ou des initiatives artistiques. Ceci sera particulièrement destiné aux artistes visuels, les plus précaires des secteurs artistiques.
  • Des opérations “rues ouvertes” résultats de coopérations entre artistes, actrices et acteurs de la culture, habitant·e·s et commerçant·e·s permettant la mise en place de spectacles favorisée par l’élargissement temporaire des terrasses de restaurants et de bar. La mairie fournira des moyens logistiques et des aides à la programmation.
  • Des aides aux cafés-concerts (GIP café-culture) afin d’investir l’espace public et dynamiser leurs commerces dans le temps de post-confinement. (https://gipcafescultures.fr/)
  • Nous prévoyons d’instaurer comme à Paris un « conseil de la nuit » pour permettre une concertation et une structuration de l’ensemble des protagonistes toulousains de la vie nocturne pour développer une politique participative alliant développement, promotion, prévention et régulation de la vie nocturne.*
  • Un lieu d’accueil et de ressources central pour l’information culturelle des publics. Nous lancerons la création d’une application-média géolocalisée de l’ensemble de l’offre d’ événements et actions artistiques de la ville disponible en temps réel. Nous aiderons la presse locale culturelle qui, elle aussi, subit les affres de la crise.
    * Toutes les actions dans l’espace public seront accompagnées d’une équipe de médiation entre les habitant·e·s, les lieux de spectacles et de restauration.

La commande publique :

  • Des commandes publiques auprès des artistes et intermittent.es pour des œuvres éphémères ou des interventions dans l’espace public entre 2020 et 2021.
  • Des commandes également pour des ateliers ou des workshops avec les habitant.e·s réalisées en partenariat avec des structurelles culturelles mais aussi avec des commerces ou des associations de quartier.
    Des moyens techniques, logistiques et humains :
  • La mise en place d’une régie volante (moyens techniques et humains) pour l’appui à la mise en œuvre des programmations ou d’événements dans l’espace public, centre ville et quartiers, en prenant en compte les contraintes de distanciation physique et les consignes sanitaires en cours.
  • Des installations de chapiteaux dans différents lieux de la ville permettant de disposer d’espaces de représentations supplémentaires pour les artistes et les structures de diffusion dont la saison s’est trouvée surchargée suite à la reprogrammation de spectacles annulés durant le confinement.
  • L’ouverture des équipements de la ville pour accueillir les artistes et le public afin d’offrir aux structures de proximité et aux artistes des salles de répétition, des espaces de création, des ressources en matériel et techniciens dont elles ne disposent pas, pour favoriser la mise en réseau des lieux d’émergence culturelle et redynamiser les sites culturels existants et enfin pour favoriser le décloisonnement des disciplines artistiques, et les transversalités avec d’autres formes de connaissance.
    Soutiens humains et financiers
  • Nous mobiliserons les acteurs des filières et agent·e·s “tuteurs”, pour accompagner les structures en difficulté vers les différents plans d’urgence mis en place à plusieurs échelles par l’Etat et les collectivités, mais également par les différents organismes sectoriels. Beaucoup ont des difficultés d’accès à ces informations.
  • Nous étudierons au cas par cas les aides à des structures et opérateurs en difficulté majeure grâce à la mise en place d’un fonds spécial de soutien :
    aide à la trésorerie et aide au déficit d’exploitation.
  • Nous étudierons une proposition de formation/action rémunérée destinée aux professionnel.les et artistes pour collaborer à des ateliers-laboratoires pluridisciplinaires sur “la culture d’après” : les nouvelles formes, la réflexion sur les projets innovants, les nouveaux modes de diffusion, de production, de tournées, de transports, adaptés aux enjeux climatiques et à la transition énergétique.
  • Nous mobiliserons des moyens afin d’accompagner les opérateurs, festivals organisant déjà des plateformes professionnelles qui permettent la rencontre entre artistes et programmatrices et programmateurs. Ces opérateurs seront encouragés à développer des rencontres par l’attribution de moyens supplémentaires.

L’ensemble de ces mesures d’urgence est évalué à 5 millions d’euros, mais ses retombées en matière d’économie locale, d’attractivité et d’altérité retrouvées seront certainement bien plus importantes à terme.

Une attention particulière sera portée en direction des publics en difficulté

Nous serons très attentifs aux quartiers populaires ou nombre de familles ne pourront pas partir en vacances cette année.

  • Nous nous appuierons pour cela sur les réseaux culturels qui maillent les territoires pour proposer les actions adaptées aux publics. Nous favoriserons la transversalité et la mutualisation des ressources et des moyens.
  • Nous permettrons la mise en œuvre d’une programmation dans l’espace public dans le strict respect des gestes barrières nécessaires.
  • Nous proposerons sur l’été aux structures les plus en difficulté la mise en place d’ actions spécifiques adaptées aux publics jeunes et personnes âgées notamment.

Nous serons attentifs à ce que l’exécution de ces mesures permettent une rémunération juste des opérateurs, travailleurs et artistes :
• Nous financerons l’effort que suppose la préparation et le suivi des coopérations que supposeront la mise en œuvre de ces activités.
• Nous veillerons à ce que les rémunérations des salarié·e·s temporaires et des artistes respectent les conventions collectives et les pratiques en vigueur.
• Nous veillerons à ce que la rémunération des interventions artistiques prennent en compte les charges de structures afférentes ou les “parts compagnies”.
• Nous nous assurerons que la mobilisation des personnels des services et institutions de la Ville pour mener à bien ce plan, s’inscrive dans leur temps de travail effectif.

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