Archipel Citoyen : «On est lancé»

Un article de J-N. G. paru dans la Dépêche du midi le 15/09. Photo DDM Michel Viala.
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«Qui aujourd’hui peut réunir autant de personnes dans une salle un samedi après-midi pour travailler à la construction d’un programme ?» Pour Maxime Le Texier, l’un des porte-parole d’Archipel Citoyen, la liste «citoyenne», en lice pour les municipales de mars 2020 à Toulouse, a franchi un cap en réunissant hier, salle Barcelone, quelque 500 personnes, selon le chiffre qu’il revendique. «Archipel est ancré dans le paysage. Archipel est entré en campagne. On est lancé. Maintenant, il faut aller au contact», poursuit-il en annonçant la prochaine constitution de groupes dans les quartiers.

Pour ces élections, la Ville rose est le cadre d’une initiative inédite, du moins avec cette ampleur. Né en 2017, le collectif Archipel, qui se veut «l’alternative» à Jean-Luc Moudenc, s’inspire du mouvement «municipaliste», comme certaines villes espagnoles l’ont expérimenté. Pour replacer le citoyen au cœur du débat, Archipel ambitionne d’organiser une délibération permanente avec les habitants. «Les citoyens ne doivent plus être consultés. Ils doivent décider», a lancé hier Caroline Honvault, une autre porte-parole, aux participants. C’est ce qui distingue, a-t-elle expliqué, «la démocratie participative et la démocratie permanente». Comment Archipel veut-il mettre en œuvre ce principe fondateur ? Par la façon de constituer la liste, par la «co-construction» du programme et par des dispositifs qui associeront le citoyen à la décision «tout au long du mandat». Passés ces mots d’accueil, plusieurs tables de discussions ont été organisées sur divers thèmes : comment se loger à Toulouse, comment s’émanciper par la culture, se sentir libre et en sûreté…

Mais ce mouvement parvient-il à agréger les formations politiques qui l’ont rejoint, EELV d’abord en février, puis la France insoumise et des dissidents du PS en juin ? «Difficilement», prétendent certaines rumeurs, «oui», assurent toutes les têtes de proue rencontrées hier. «Ce qu’on porte autour de l’écologie est en train de prendre», assure Antoine Maurice (EELV) qui reconnaît «des débats» internes, liés à «des cultures différentes», mais guidés par «un objectif commun». Romain Cujives défend «une machine de rassemblement massive.» Manuel Bompard et Jean-Christophe Sellin (LFI) affirment que tout le monde joue le jeu. «Chacun respecte l’ADN d’Archipel», avance Maxime Le Texier et aucune formation politique «n’a demandé de places» en arrivant.